Une carte d'aléa représente les endroits où un aléa naturel — inondation, glissement de terrain, secousses sismiques, activité volcanique, submersion côtière — est susceptible de se produire, et souvent avec quelle intensité ou quelle fréquence. Elle décrit le phénomène physique lui-même, et non les conséquences pour les personnes ou les biens.

Ce qu'elle montre

Les cartes d'aléa combinent généralement probabilité et magnitude. Une carte d'aléa inondation peut montrer les emprises d'inondation pour des périodes de retour données (par exemple la crue centennale) ; une carte d'aléa sismique montre l'accélération maximale du sol attendue avec une probabilité de dépassement ; une carte de susceptibilité aux glissements de terrain classe le terrain selon sa propension à rompre en fonction de la pente, de la géologie et de l'hydrologie. Les résultats sont en général des surfaces raster classées ou continues couvrant la zone d'intérêt.

Pourquoi c'est important

Les cartes d'aléa constituent le socle physico-scientifique des décisions d'aménagement, d'assurance et d'ingénierie. En SIG, on les construit en combinant des facteurs de prédisposition — pente et orientation issues d'un MNT, lithologie issue des cartes géologiques, précipitations, distance aux failles — au moyen de modèles pondérés, statistiques ou à base physique. Elles alimentent directement le choix d'implantation, le tri d'itinéraires et les études environnementales.

Carte d'aléa ou carte de risque

C'est la distinction clé. Une carte d'aléa décrit uniquement la probabilité et l'intensité de la menace. Une carte de risque combine l'aléa avec l'exposition (personnes, bâtiments, infrastructures situés sur la trajectoire du danger) et la vulnérabilité (gravité des dommages subis). Deux endroits peuvent présenter un aléa de glissement de terrain identique tout en ayant des risques très différents si l'un est inhabité. Confondre les deux conduit à surestimer ou sous-estimer les enjeux réels.

Exemple concret

Une couche de susceptibilité aux glissements de terrain pourrait reclasser la pente (issue d'un MNT via gdaldem slope), la lithologie et la distance aux cours d'eau en classes ordonnées, puis additionner des rasters pondérés en un indice de susceptibilité de 1 à 5. Surtout, étiquetez le résultat comme aléa ou susceptibilité, et non comme risque, à moins que l'exposition n'ait été intégrée.

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