Un rapport de bandes est une technique de télédétection qui divise les valeurs des pixels d'une bande spectrale par celles d'une autre. L'image obtenue rehausse les signatures spectrales liées à des matériaux précis tout en annulant une grande partie des variations de luminosité provoquées par la topographie et l'éclairement.
Pourquoi c'est important
Comme la pente et l'ombre font varier toutes les bandes à peu près dans les mêmes proportions, diviser une bande par une autre élimine en grande partie cet effet et ne laisse subsister que des différences qui traduisent la composition de la surface plutôt que l'éclairement du terrain. Cela fait des rapports de bandes un outil rapide et robuste pour la cartographie géologique — pour repérer les oxydes de fer, les argiles, les carbonates et l'altération hydrothermale, difficiles à distinguer sur une image en couleurs naturelles.
Un exemple concret
Pour Landsat 8/9 OLI, le rapport des oxydes de fer est la bande 4 (rouge, ~0,65 µm) / bande 2 (bleu, ~0,48 µm) ; le rapport du fer ferreux est la bande 6 (SWIR1) / bande 5 (PIR) ; et un rapport argiles/hydroxyles utilise la bande 6 (SWIR1, ~1,6 µm) / bande 7 (SWIR2, ~2,2 µm), car les argiles et les micas absorbent autour de 2,2 µm. Ces trois rapports sont souvent combinés en un composite RVB pour signaler les zones d'altération à étudier de plus près. Les bandes SWIR plus fines d'ASTER fournissent des rapports encore plus diagnostiques pour des minéraux spécifiques.
Piège courant
Les rapports de bandes doivent être calculés sur des données corrigées des effets atmosphériques (réflectance de surface) ; les appliquer à des valeurs numériques brutes y mêle les effets atmosphériques et ceux du capteur. Les rapports amplifient aussi le bruit là où le dénominateur est faible, et ils indiquent une similarité spectrale, non une preuve — la végétation, le sol et les surfaces artificielles peuvent imiter des signatures minérales, si bien que la vérité de terrain reste indispensable.